[Faits divers] l'interminable financement du complexe sportif d'Olembe

Paul Biya, par décret signé le 16 février 2021, a autorisé le ministre de l’Economie, à signer avec la Standard Chartered de Londres et BPI Export Finance une convention de crédit d’un montant de 55 milliards 166 693 111 de Fcfa. Objectif : le financement du projet d’achèvement des travaux du complexe sportif. Un nouvel endettement qui fait parler. Sur le papier, le complexe sportif d’Olembe devait comprendre le stade Paul Biya d’une capacité de 60 000 places couvertes. Mais aussi deux stades d’entraînement de 1000 places chacun, un gymnase, des terrains de handball, basket-ball… Si les travaux de terrassement ont démarré en 2014, ce n’est qu’en mars 2016 que les travaux confiés à l’entreprise italienne Piccinni prennent officiellement leur envol. Coût total, 163 milliards de FCFA. Trois ans plus tard, Piccinni est bottée en touche au profit de l’entreprise canadienne Magil. Parmi les manquements énumérés par le ministre des Sports et de l’éducation physique Narcisse Mouelle Kombi, « l’incapacité de l’entreprise à livrer les travaux dans les délais contractuels, l’arrêt des travaux non autorisé par le maître d’ouvrage, l’abandon du chantier dûment constaté par voie d’huissier et par procès-verbal administratif, la défaillance de l’entreprise caractérisée par le non-respect des engagements contractuels et des ordres de services du rapportant, la sous-traitance avérée des prestations contractuelles sans autorisation du maître d’ouvrage, la violation de la législation caractérisée par l’accumulation des arriérés de salaires des travailleurs ». Les promesses de Magil Magil promet de livrer l’infrastructure dans les délais. Surtout que la pression des inspecteurs de la CAF pèse sur le dos du Cocan. Il est question pour l’entreprise de « mettre sa trésorerie à contribution pour le premier mois, en attendant le soutien opérationnel du Cameroun et d’autres bailleurs de fonds internationaux ». L’affaire va tourner au fiasco. Engagé à livrer l’infrastructure, Magil s’est engagé à veiller aux respects des contrats commerciaux qui lient les financements internationaux à l’Etat du Cameroun. Mais à l’évidence, les financements manquent pour relancer les machines. Et pour ne rien arranger, un parfum de gros scandales a embaumé le sérail faisant dire que les fonds alloués pour ce gros ouvrage ont été détournés par certains membres du gouvernement. Comme si cela ne suffisait pas, l’Etat en rajoute une couche. Le président de la République, Paul Biya, par décret signé le 16 février 2021, autorise le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire à signer avec la Standard Chartered de Londres et BPI Export Finance une convention de crédit d’un montant de 55 milliards 166 693 111 de Fcfa. Objectif : le financement du projet d’achèvement des travaux du complexe sportif. Un nouvel endettement « De quoi s’interroger sur la destination du budget d’exécution initial de cette infrastructure estimé à 163 milliards de Fcfa. Où est passée cette bagatelle pour qu’on en soit encore à se surendetter pour boucler les travaux ? », s’interroge Le Messager. « Nul doute que ce nouvel endettement va alourdir la facture de ce complexe qui avoisinerait avec le contrat de Magil, 217 milliards de Fcfa contre 163 milliards de Fcfa initialement prévus avec Piccini. Ce qui fait dire aux observateurs que ce complexe, dont la pose de la première pierre du stade a été faite il y a 12 ans, est le plus onéreux d’Afrique. Une grosse escroquerie dans un pays où on manque de l’eau potable, de l’énergie électrique, des soins de santé de qualité, des bancs pour les élèves. », commente notre confrère.

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