[Faits divers] Insécurité : Douala comme au Far-West

Des jeunes ont semé la terreur et dicté leur loi pendant tout le week-end dans plusieurs quartiers de la capitale économique. Un calme précaire règne dans les quartiers Akwa, New-Bell, Anatole, Ngodi Akwa, Camp Yabassi et Dernier poteau. Hier dimanche, 03 novembre 2019, les populations de ces quartiers n’en reviennent toujours pas après le vent de terreur qu’a imposé un groupe de jeunes délinquants, la veille samedi en soirée, jusqu’à une heure avancée de la nuit. « Ils étaient armés de gourdins, machettes, couteaux et cassaient tout sur leur passage. Samedi, ils ont sillonné tout Akwa, le plus grand quartier commercial de Douala, vous vous imaginez ! Ils agressaient et pillaient », raconte un témoin d’après qui les commerçants encore présents se sont enfermé dans leurs boutiques pour éviter d’être des victimes de cette bande de hors la loi. Ainsi, rapporte Aristide, un autre témoin habitant de New-Bell, ils ont parcouru « Shell New-Bell », « Carrefour Anatole », « Carrefour deux églises », « Dernier poteau », tout Akwa et Camp Yabassi. « Il ne faisait pas bon de se retrouver sur leur passage », précise-t-il. D’après les habitants de ces quartiers et zones, la terreur a régné de 17h à 21 h, avant l’intervention des éléments de la police, notamment de l’Equipe spéciale d’intervention rapide (Esir) qui a établi un cordon de sécurité jusqu’à plus de 22h. Difficile cependant de dire s’il y a eu des interpellations. Difficile également de dire si c’est le même groupe qui a semé la terreur dans les quartiers Camp Yabassi, New-Bell et Ngonsoa toute la journée de vendredi jusqu’à une heure avancée de la nuit. New-Bell contre Ngonsoa D’après les habitants du quartier New-Bell, tout a commencé vendredi à midi alors que les jeunes musulmans de ce quartier se rendaient à la mosquée pour la prière. C’est alors que des jeunes, dit-on, venant du quartier Ngonsoa, débarquent à New-Bell, volent ; pillent ; violentent les populations, puis s’en fuient. C’est alors que les jeunes de New-Bell, décident de se faire justice. « Dans la foule, de jeunes garçons, et aussi des jeunes filles munis de marteaux pour en finir avec ceux de Ngonsoa. A Nkoulouloun, ils ont pris les couteaux et machettes des femmes qui vendent les remèdes traditionnels pour aller à Ngonsoa. Heureusement, ils ont été approchés par des éléments de la brigade de gendarmerie de Nkoulouloun (située à quelques mètres de là), qui les a convaincus de rentrer à la mosquée », explique un témoin. Ce qui a été fait et le calme est revenu jusqu’à 20h. Dans la nuit, vers 20h, un premier groupe de jeunes du quartier New-Bell a sillonné les boutiques et commerce, demandant aux tenanciers de fermer, parce que « le retour va commencer », scandaient-ils. Quelques minutes plus tard, une horde de jeunes envahit les rues, armés de machettes, couteaux et gourdins. La police intervient un quart d’heure plus tard, mais, les policiers ne parviennent pas à contenir la centaine de jeunes répartis en deux groupes qui se dirigent vers le quartier Ngonsoa. Ils sont interpellés par les gendarmes au niveau de Nkoulouloun, mais, n’abdiquent pas. « Heureusement que les daleaux de béton posés sur la route par la société de Btp qui effectue des travaux de réparation de la chaussée bloquaient la route. Si non, de part et d’autre, ces jeunes, pour certains, à bord des motos, se seraient entretués, surtout que de l’autre côté, les jeunes de Ngonsoa et Camp Ya-bassi étaient aussi bloqués par les éléments du commissariat du 6e », raconte un habitant de New-Bell. L’arrivée des autorités administratives aux environs de 22h ne parviendra pas à calmer les tensions. Policiers et gendarmes vont alors faire usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule qui va riposter avec des jets de cailloux vers les Forces de maintien de l’ordre (Fmo). Cet échange va durer jusqu’à minuit avant de s’estomper. Au réveil samedi matin, les rues du quartier New-bell étaient recouvertes de barricades, de cailloux et autres projectiles. Au bilan, plusieurs boutiques vandalisées et de nombreux blessés parmi les délinquants et les populations. Histoire de femme D’après le chef de la communauté Haoussa de New-Bell, Sa majesté Housseini, « les jeunes de New-Bell ont été informés, je ne sais par qui, que ceux de Ngonsoa vont descendre dans leur quartier. Ce qui a créé tout ce que nous avons vu. D’un côté comme de l’autre, il n’était pas possible de les maitriser. C’est un problème de jeunes que les bandits ont récupéré et en ont profité pour voler et piller », confie- t-il. Le sous-préfet de l’arrondissement de Douala 2e Didier Bidja est plus précis. « Ce n’est pas un problème interreligieux ou interethnique. C’est un problème de femme. C’est une affaire qui oppose un jeune de New-Bell qui aurait arraché la copine d’un habitant deNgonsoa-Camp Yabassi. Le jeune aurait été poignardé. Et les bandits en ont profité. Un groupe de vandales s’est formé au Collège évangélique de New-Bell et a commencé la casse et ce sont eux qui ont cassé à New-Bell », explique Didier Bidja. D’après lui, le pire a vraiment été évité, après la scène qu’il a vécue dans la matinée de vendredi. « En passant hier en journée (vendredi) dans une voiture banalisée au Camp Yabassi, j’ai vu des jeunes de Ngonsoa en train d’acheter des machettes dans une quincaillerie pour attendre ceux de New-Bell », informe-t-il, en jurant de mettre la main sur les jeunes qui sèment la terreur à Douala. « Ce sont des étrangers non identifiés qui sèment le désordre dans le quartier. Quelques-uns ont été identifiés. C’est le même groupe qui sème le désordre dans plusieurs quartiers de Douala », révèle l’autorité administrative. Une réunion de crise a été organisée dans la journée de samedi et à laquelle devaient prendre part les jeunes des quartiers en conflits et des autres quartiers, afin de les sensibiliser sur la paix. Ce qui n’a pas empêché que d’autres actes de vandalismes soient perpétrés dans la soirée de ce même samedi.

Website to visit

Social

  • Mobile Apps