[Faits divers] Foréké-Dschang : Un arrêté du Mincaf contesté

Le porte-parole de la famille Nkenlifack estime que Henri Eyebe Ayissi n’a pas eu la bonne information pour annuler son titre foncier. La tournure prise par ce qui est qualifié de « l’affaire de la gare routière de Dschang », sise au quartier Lefock, renforce un sentiment d’injustice de la part du propriétaire initial. En fait, le 17 septembre 2019, le ministre des Domaines, du Cadastre et.des Affaires foncières (Mindcaf), Henri Eyebe Ayissi, a signé un arrêté pour constater « la nullité d’ordre public du titre foncier n°5127/Menoua » délivré plus tôt à Marius Nkenlifack, 92 ans aujourd’hui, ex-chef supérieur du groupement Foréké-Dschang, destitué en 2009 après 34 ans de règne. En répondant ainsi à S.M. Mathias Djoumessi III Wamba, actuel gardien des traditions ancestrales de ce groupement et initiateur d’une requête de relance pour la même nullité, le Mindcaf précise que le terrain en question, d’une superficie de 1,77 hectare, « réintègre le domaine national ». Le Mindcaf justifie sa position par le fait que la délivrance du titre foncier « sur le domaine de la chefferie supérieure Foréké-Dschang au profit de sieur Nkenlifack Marius », l’a été « en violation des articles 2 et 4 (k) de l’ordonnance n°72-2 du 6 juillet 1974 fixant le régime domanial ». La sortie ministérielle est remise en cause par la famille Nkenlifack, par l’entremise de son porte-parole, Ghislain Nkenlifack. Selon ce dernier, avant son décès, le S.M. Mathias Djoumessi (son grand-père) avait pris soin de procéder à la répartition de son patrimoine immobilier, en indiquant à chaque enfant sa parcelle. « C’est dans ce cadre que mon père, Marius Nkenlifack, a bénéficié de la parcelle actuellement objet des convoitises », précise Ghislain Nkenlifack. Les autres enfants sont établis à Mingou, Ngui, etc. « Mon père s’est engagé à mettre sa parcelle en valeur en y plantant des arbres fruitiers et des caféiers, comme l’indique sa carte de planteur de l’époque », poursuit-il. Tout en indiquant qu’ « après la mise en valeur de sa parcelle, mon père a entrepris en 1984 de borner ce qui lui appartient. Ce n’est pas le terrain de la chefferie, puisque mon père a toujours su faire la différence entre ses biens et ceux de la chefferie ». En 2017, la demande de titre foncier formulée par Marius Nkenlifack a finalement abouti. Dans l’intervalle, en 2008, l’ancien maire de la commune de Dschang, Bernard Momo (ami et notable à Foréké-Dschang), signe une convention avec S.M Mathias Djoumessi III Wamba, liée à « l’occupation d’un terrain de la chefferie Foréké-Dschang pour gare routière ». Les frais de location de ce contrat d’un an renouvelable par tacite reconduction, s’élèvent à 400 000 Fcfa. L’espace querellé nourrit des appétits pécuniaires, au moment où l’administration publique veut identifier son propriétaire « Le prédécesseur du ministre, Jacqueline Koung à Béssiké, constatant que le dossier avait des zones d’ombre comparativement à ce qu’on lui rapportait, avait commis deux délégations pour des vérifications documentaires et s’assurer que le titre foncier de mon père a été établi dans les règles de l’art. Ce qui était le cas », renchérit Ghislain Nkenlifack. L’actuel chef supérieur Foréké-Dschang persiste et signe dans sa démarche, d’autant plus qu’il pense que ce titre foncier a été obtenu frauduleusement. Reste que les décisions de justice rendues jusque-là sont défavorables à S.M. Mathias Djoumessi III Wamba et autres. Le 27 juin 2018, l’ex-Mindcaf demande alors à l’ancien préfet de la Menoua, Balungeli Confiance Ebune, de « mettre en place une commission ad hoc d’enquêtes à l’effet de réexaminer la régularité de la procédure d’établissement du titre foncier n°5127/Menoua attaqué ». Le récent arrêté du Mindcaf intervient alors que Marius Nkenlifack attend les conclusions de la dite commission.

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