[Éducation] Minedub : polémique autour de promotion collective

La communauté éducative et même nombre de Camerounais invitent le gouvernement à revoir la nouvelle approche pédagogique en vigueur au ministère de l’Éducation de Base. Depuis l’entrée en en application de la nouvelle approche pédagogique au Cameroun, les enseignants des collèges et lycées éprouvent d’énormes difficultés à pouvoir mettre à la page les nouveaux élèves en classes de 6e de l’enseignement général et de première année de l’enseignement technique, particulièrement dans l’arrière-pays. Toutes choses qui laissent songeurs plusieurs directeurs d’écoles sur l’avenir de leurs élèves une fois passés l’étape du primaire. L’appropriation de la nouvelle approche pédagogique n’étant pas toujours une sinécure et présentée comme non adaptée au contexte camerounais. « Nous avions vu depuis que ce système va tuer le génie de nos enfants. Voyez-vous aujourd’hui, nous retrouvons des enfants en classe de 6è qui ne savent pas lire et écrire. Par contre dans l’ancien système l’enseignant amenait l’enfant à travailler avec rigueur. Mais aujourd’hui on se rend compte que l’Etat a bafoué toutes ces normes », fulmine off record une source. Promotion collective Selon des sources dignes de foi la politique de » la promotion collective » est la raison fondamentale de la baisse de niveau scolaire des élèves dans les écoles primaires au Cameroun. « On se demande aujourd’hui si l’Etat via son ministère réfléchit avant de mettre en exécution une loi, surtout dans le cadre éducatif. Ils ont longtemps vanté ce système, mais on se rend compte, pour nous les enseignants, que c’est cette promotion collective permet qu’on attribue des diplômes à ceux qui n’ont aucun mérite. Eton connaît la suite dans nos lycées et collèges », peste un instituteur à la retraite. En effet, la promotion collective consiste à faire passer pratiquement tous les élèves d’une classe inférieure en une classe supérieure en fin d’année. « Le texte de redoublement par exemple oblige l’enseignant à envoyer un enfant qui triple en classe supérieure, même s’il n’a pas obtenu de moyenne. Voilà ! La faute revient à qui en .ce moment quand on pousse l’enfant jusqu’ au Cm2 sans niveau requis, alors qu’il a un examen à presenter ? » S’interroge un autre instituteur. Et de conclure « Voyez par exemple aujourd’hui dans le cas échéant, dans un département comme celui de la Vallée du Ntem où certains établissements peinent à atteindre une moyenne supérieure ou égale à 30% lÿrs du Cep blanc, on arrive tout de même à enregistrer plus de 90% au Cep . Mais… il faut se poser des questions. Lors du déroulement de l’examen, on demande souvent aux examinateurs d’être souples envers les enfants et parfois les ordres nous viennent du haut, fai assisté plusieurs fois à la délibération des examens, mais je n’avais jamais vu le pire comme c’est le cas avec le nouveau système. Quand on demande de délibérer pour le cas d’un enfant qui a quatre (4) de moyenne, que voulez-vous qu’il produise au secondaire ? ». Défaillance sécuritaire et du système de gouvernance En dehors donc de ce système éducatif tant décrié, l’enseignement primaire est en proie à plusieurs difficultés qui justifient également la baisse de niveau observé chez nos élèves. Sans prétention d’être exhaustif, on cite entre autres, l’insécurité dont est objet l’enseignant du primaire, même si cela ne devrait pas justifier le refus catégorique de certains d’entre eux de regagner leur poste d’affectation dans les zones reculées du pays. « Il y a des Enseignants affectés dans l’arrière-pays qui acceptent d’aller vivre à plus de ce 20 km de leur lieu de service parce qu’ils ne sont pas en sécurité. C’est pourquoi les programmes scolaires ne peuvent jamais être terminés en fin d’année ». Soutient’ une source. De plus, il faut relever que plus de 2/4 d’enseignants du primaire sont des femmes, ce qui pourrait dans une certaine mesure expliquer le manque de résultats dans les écoles. Celles-ci appelées en cas de grossesse, d’après les textes du ministère, à bénéficier d’un congé de maternité, au grand dam des élèves qui très souvent ne sont plus pris en charge ou alors au rabais, plusieurs écoles accusant un déficit criant d’enseignants. Par ailleurs, faudrait-il rappeler que le traitement salarial des enseignante est une cause de la démotivation de nombre d’entre eux, qui se retrouvent poings et pieds liés dans l’affairisme et l’arnaque. « L’Etat est en partie responsable de la contre-productivité et de tout ce qui se passe aujourd’hui dans l’enseignement; je le dis puisque j’ai aujourd’hui vingt-six ans de service dans l’Education de Base. Pur rapport au gouvernement actuel, on peut dire que les résultats suivaient leur cours normal avec Ahidjo qui n’avait de cesse de valoriser l’enseignant. C’est donc depuis la suspension des primes et la baisse drastique du salaire de ce dernier les seigneurs de la craie, pour grand nombre, sont démotivés. » Il est donc impératif pour l’Etat du Cameroun, soucieux de l’éducation de sa jeunesse « fer de lance de la Nation », de se pencher sur le cas de l’enseignement primaire qui connaît de sérieux problèmes. Pourquoi ne pas, envisager de réviser les textes de base de cet ordre d’enseignement dans l’optique de préparer une élite intellectuelle de qualité. Cela passe évidemment par l’application le Statut de l’enseignant du primaire et du secondaire qui se trouve dans les tiroirs du Premier ministère depuis l’année 2000.

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