[Éducation] Enseignement secondaires : grosse escroquerie autour des Apee

Les associations des parents d’élèves et enseignants constituent une vache à lait pour certains responsables d’établissements scolaires au Cameroun. Source d’enrichissement pour certains, la gestion de ces fonds n’a pas bonne presse. Une escroquerie à ciel ouvert existerait au lycée de la ville de Loum, depuis plusieurs années. C’est ce que dénonce Mathias Kameni, alias Joe La Conscience. Le défenseur des faibles et anciens parents d’élève du lycée de Loum a organisé une marche, le lundi 5 octobre 2020, dans cette commune du département du Moungo-région du Littoral, avec pour objectif de dénoncer « une extorsion d’environ 25 millions perpétrée par l’Apee du lycée de Loum sur les parents d’élèves ». Selon lui, « une augmentation de 6500 Fcfa avait été artificiellement imposée sur les 11000 Fcfa de frais d’Apee il y’a 4 ans par l’ex proviseur Tchoumi Djanfang du lycée de Loum, sur le motif de rénovation de la toiture du lycée qu’il disait pourrie, pourtant il n’en était rien. Alors le taux d’Apee est donc passé à 17500 Fcfa pour l’année scolaire 2018-2019. Seulement, la toiture ne fut pas renouvelée, hormis quelques tôles parsemées çà et là, n’atteignant même pas 50 tôles. Le lycée de Loum compte environ 3000 élèves. Un simple calcul permet de comprendre l’étendue de l’escroquerie : 6500X3000= 19.500.000 Fcfa ». Le manifestant affirme que le proviseur de l’année scolaire 2019/2020 a maintenu ce système illégale et a fait pire que son prédécesseur : « Alors comme si cela ne suffisait pas, pour la nouvelle année scolaire 2019/2020, le nouveau proviseur a non seulement maintenu dans le corpus des frais d’Apee, les 6500 jadis augmentés pour réfection de la toiture, mais à cela, il a ajouté la somme de deux mille francs Cfa soi-disant pour frais de Sms (1000 Fcfa), et frais de connexion (1000Fcfa). Problème, ces rubriques faisaient déjà partie des frais d’Apee, lorsqu’ils étaient à 11.000fcfa. Soit une augmentation injustifiée, de 8500fcfa X3000= 25.500.000 Fcfa qu’ils ont perçu l’année dernière, et cette année, ils ont décidé de passer outre l’organisation d’une assemblée générale élective, à l’effet de renouveler le bureau de l’Apee, et aussi de fixer le nouveau taux d’Apee », poursuit-il. D’après les parents d’élèves du lycée de Japoma, à Douala, dans la région du Littoral, les frais d’Apee s’élèvent à 40 000FcFa. Plusieurs parents se sont opposés et ont décidé de porter l’affaire en justice. Au lycée de Nkoabang à Yaoundé, les frais d’Apee s’élèvent à 30 000Fcfa; 20 000 Fcfa au lycée d’Ahala. Gestion en solitaire D’après le syndicaliste Tobie Emanuel Mbassi Ondoa, l’Apee est une association privée régie par la loi de 1990 sur la liberté d’association. A ce titre, ce sont les membres que sont les parents et les enseignants qui doivent fixer le montant de la cotisation. « Ce qui se passe dans la réalité, c’est que le chef d’établissement, dans la plupart des cas, constitue un bureau fantoche à qui il dicte l’agenda à suivre. Les Assemblées générales sont organisées à l’insu des parents pour que le bureau aux ordres soit toujours reconduit afin que le chef d’établissement puisse continuer à gérer les fonds de l’Apee de façon solitaire », explique le secrétaire général de la Fédération camerounaise des syndicats de l’éducation (Fecase). L’augmentation des fonds de l’Apee dépend de ses membres. Ils peuvent décider de le faire si les besoins de l’établissement ont augmenté. L’année dernière, au lycée d’Efoulan dans l’arrondissement de Yaoundé III, les frais d’Apee s’élevaient à 19000Fcfa alors que l’année dernière les frais d’Apee étaient de 18000Fcfa. Or le ministre a demandé de ne pas augmenter ces frais. Dans une note annonçant le début des inscriptions, le proviseur indique que 1000Fcfa supplémentaire représente les frais de l’Excellence scolaire. « On n’a pas organisé cette cérémonie l’année dernière, à cause du Covid-19, et le bureau de l’Apee pensait qu’il fallait utiliser cet argent à d’autres fins, mais la proviseure a récupéré », dénonce le président de l’Apee. Selon notre confrère de la Nouvelle Expression, la proviseure nie connaître un quelconque problème dans le fonctionnement du lycée. « Je ne suis pas au courant qu’il y a un conflit dans le fonctionnement de l’établissement que je dirige. Ce qui me préoccupe c’est l’encadrement des petits camerounais placés sous mon encadrement», réagit-elle. «Je ne suis pas dans les conflits. Je suis dans la pédagogie et si vous voulez les résultats des examens officiels de l’année dernière, je pourrais vous dire que j’ai eu 80% au Bepc et 65% au bac ». Se révoltant : « quand ça va bien, je ne vous vois pas ». Le dossier a été porté à l’attention des autorités administratives et du ministre des Enseignements secondaires En attendant, le sous-préfet a mis hors-jeu le bureau de l’Apee.

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