[Économie] Transport clandestin : pertes abyssales pour les agences agréées

Touristique, Finex S.A, Général voyages ou encore Euroline subissent de plein fouet la ‘concurrence des transporteurs illégaux qui violent tes dispositions de la loi du 23 juillet 2001. Que se passe-t-il sur les routes camerounaises ? ace de quelques jours, plus d’une vingtaine de voyageurs interurbains ont perdu la vie ou ont été blessés suite à de graves accidents routiers. Aucun chiffre officiel sur le manque à gagner ou l’impact sur le chiffre d’affaires des entreprises de voyage agréées n’est aujourd’hui disponible. Un acteur du secteur dévoile pourtant l’ampleur des pertes enregistrées par ces dernières. «Nous faisons 3 rotations par jour entre Douala et Yaoundé. Pourtant, nous pouvons faire mieux. Notre flotte est suffisante pour effectuer plus de 5 rotations. Nous nous rendons compte que nos propres clients sont détournés par des démarcheurs d’agences de voyage clandestines. Prenons 3 bus de 70 places au prix classique de 3000 FCFA. Vous pouvez imaginer les pertes en revenus. C’est une catastrophe», s’exprime le responsable d’agence. A raison de 3000 FCFA le titre de transport pour un bus de 70 places, la compagnie agréée perd quotidiennement en moyenne 210.000 FCFA, 630.000 pour les 3 bus. La perte se chiffre à plus de 18.900.000 par mois pour les trois bus potentiellement victime de la concurrence déloyale des transporteurs illégaux. Annuellement, ce manque à gagner se chiffre à 226.800.000 FCFA. Considérant le titre de transport de la classe VIP, le manque à gagner prévisionnel s’enfonce davantage, dépassant le milliard de FCFA annuellement. La ville de Douala est considérée comme l’un des épicentres du transport interurbain clandestin à destination ou en provenance du département du Moungo et de la Région du Sud-Ouest. Le transport clandestin au Cameroun semble plutôt attirer de plus en plus de passagers. En partance ou en provenance des régions anglophones, les «clandos» du Rond-point Deido font voitures pleines. Ce, impunément. La course vers la localité deBuea se négocie entre 2500 et 3000 FCFA. 2000 FCFA pour Limbe. La gare d’embarquement de fortune pour le département du Moungo ne désemplit également pas. Les voyageurs de Mbanga s’arrachent les places à 1500 FCFA dans un véhicule de 4 places qui en compte finalement 6, ou de de 7 places, surchargé jusqu’à 10 places. «Nous sommes dépassés par le phénomène. Nous n’avons aucune arme pour lutter contre le transport clandestin. Même les pouvoirs publics sont de plus en plus complaisants. Comment accepter que des agences de voyage illégales ou des transporteurs clandestins exercent la même activité que ceux qui paient régulièrement leurs impôts et se conforment à la loi ? », s’interroge le responsable d’une agence de transport contactée. Ce dernier s’appuie sur les dispositions pertinentes de la loi du 23 juillet 2001 régissant les professions de transport sur route et auxiliaires des transports routiers au Cameroun.»

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