[Économie] SONARA, CDC ,ALUCAM,CICAM, CAMAIR-CO : l'ombre d'une privatisation

Ces entreprises d’Etat affichent des résultats négatifs depuis plusieurs et ne parviennent pas à redresser leur situation qui laisse apparaître des capitaux propres négatifs en deçà du capital social. DANS L’ANNEXE de la loi des finances 2021, le rapport sur les concours financiers de l’Etat aux entreprises publiques en 2019 affiche une performance négative de -104,314 milliards de Fcfa, en augmentation de 53 milliards de Fcfa par rapport à l’exercice 2018 où cette contre-performance plafonnait à -61,408 milliards de Fcfa. En constante augmentation, les contreperformances des sociétés relevant du portefeuille de l’Etat s’établissaient à -47 milliards de Fcfa en 2017. Quant au résultat net, contraste avec les appuis, les subventions, les recapitalisations et autres réhabilitations réalisés par l’Etat au profit de ces gouffres à sous. «Le mode de gouvernance des entreprises est mal pensé, mal conçu. On ne peut pas avoir pour boussole la morale, le respect des procédures dans un environnement où seuls les résultats priment. On ne gère pas une entreprise comme un monastère. Ce qui arrive a été longtemps prédit ; du coup ce n ’est pas une surprise», assure Dieudonné Essomba, économiste. Parmi ces entreprises, l’on retrouve Sonara, Camair-Co, Alucam, Cicam, CDC, Anafor, Semry, Pamol Plantations, le Chantier naval industriel du Cameroun, Campost, la Banque camerounaise des PME, le Crédit foncier du Cameroun, Ayaba Hôtel, SHNC. En jeu, 25 304 postes de travail menacés d’extinction en raison de certaines dispositions de l’Acte uniforme Ohada relatif aux sociétés commerciales et Groupements d’intérêts économiques. Selon l’article 664, «si du fait des pertes constates dans les états financiers de synthèse, les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le conseil d’administration ou l’administrateur général, selon le cas, est tenu dans les quatre mois qui suivent l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer l’assemblée générale extraordinaire à l’effet de décider si la dissolution anticipée de la société a lieu» Dans le cas où la dissolution n’est pas prononcée, dispose l’article 665, la société est tenue de réduire son capital d’un montant égal au moins à celui des pertes si les capitaux propres n’ont pas être reconstitués au bout de deux ans à concurrence d’au moins la moitié du capital social. Dans le cas d’espèce cela fait bientôt quatre ans que ces sociétés publiques accumulent des contreperformances qui se creusent d’année en année, et contraignent l’Etat à injecter à chaque exercice des fonds supplémentaires pour les maintenir en vie. Cette perfusion va finir par tuer le médecin qu’est l’Etat à force de l’exposer aux radiations et autres effets dévastateurs de ces performances négatives. Car, comme le révèle rapport, 14 sur 44 entreprises, du fait de ces résultats négatifs successifs, sont menacées de dissolution, de même qu’une incertitude significative plane sur la continuité de l’exploitation de ces dernières par absence de recapitalisation. «L’atmosphère de suspicion qui caractérise la gestion des entreprises publiques ne favorise pas l’atteinte des performances, des résultats. L’on devrait plus se préoccuper des résultats que des procédures qui ne permettent pas d’atteindre des résultats parce que c ’est la compétition, la jungle et non des monastères où la bible et la soutane sont la règle», assène Dieudonné Essomba.

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