[Économie] SONARA :au bord du gouffre ,la raffinerie nationale met les banques en difficulté

La société nationale raffinerie croupit sur une lourde dette estimée à près 800 milliards de FCFA. Selon le Fonds Monétaire International (FMI) la situation de la Sonara risque gripper le fonctionnement des banques commerciales locales. Ces informations sont contenues dans la cinquième revue de l’accord sur le programme économique et financier conclu avec le gouvernement camerounais en juin 2017. Celui-ci était adossé sur la facilité élargie au crédit. Le FMI révèle que, la Société nationale de raffinage absorberait plus de la moitié des fonds propres du système bancaire en l’espace de deux ans. Les causes de la décadence de la Sonara En fin du premier semestre 2019, la Sonara est victime d’un un incendie provoqué par des mains criminelles dans le cadre de la crise anglophone. Un drame qui a détruit quatre de ses 13 unités le 31 mai 2019. Après l’incident, la Sonara a déclaré une situation de force majeure et a cessé de rembourser une partie de sa dette, qu’elle prévoit de restructurer. La dette totale de la Sonara s’élève à plus de 795 milliards de Fcfa (3,5% du Pib) fin septembre et environ 293 milliards de Fcfa sont dus à des banques locales, dont 228 milliards de Fcfa sont en arriérés de paiement. Cette somme équivaut au montant de fonds propres exigé pour le secteur bancaire, à savoir 280 millions de Fcfa, fin 2018. Les arriérés extérieurs s’élèvent à environ 368 milliards de Fcfa et la dette budgétaire envers l’État se chiffre à 84 milliards de Fcfa. Ralentissement de l’activité économique tes risques pesant sur l’exécution du budget 2019 ont augmenté. Les recettes non pétrolières entre le premier et le troisième trimestres 2019 ont été inférieures aux prévisions en raison du ralentissement de l’activité économique dans des secteurs générant des rentrées élevées, de la baisse des impôts payés par la Sonara, et de retards au niveau des importations du fait de la mise en œuvre de la nouvelle réglementation des changes de la Beac. Selon le Fmi, ce manque à gagner a été plus que compensé par une exécution plus lente des dépenses courantes, en particulier celles consacrées aux biens et services, et des investissements publics. Le déficit global (sur la base des ordonnancements) fin septembre est estimé à 1,4% du Pib, soit 0,2% du Pib en deçà des prévisions. Les établissements bancaires les plus exposés sont les filiales de Standard Chartered Bank, Ecobank, BGFIBank, United Bank for Africa, la société générale et la banque locale Afriland First Bank qui, à quatre, représentent un portefeuille de 288 milliards de Fcfa en 2019. Si à ce jour, renseigne le FMI, aucune tension n’a été constatée sur le système bancaire camerounais, les experts de l’institution « recommandent aux autorités bancaires régionales de suivre la situation de près et de se tenir prêtes à riposter si des tensions venaient à se produire ».

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