[Économie] Soldes engagés non décaissés comme une rengaine

Si les financements extérieurs contribuent à la réalisation de l’investissement public au Cameroun, leur utilisation induit aussi une augmentation du taux d’endettement et impacte lé solde budgétaire du pays. De ce fait, Alamine Ousmane Mey indiquait déjà il y a trois ans : « Il est important que les décaissements puissent être bien planifiés (…). L’idée-n’est pas de freiner de manière indue les décaissements, mais de les gérer et les réguler en totale transparence avec nos partenaires, ce qui permet d’assurer une meilleure efficacité de la dette, une meilleure utilisation des ressources et d’achever les projets initiés dans les délais les plus raisonnables. » Dans sa lancée, les bailleurs de fonds internationaux à l’instar de l’ex directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, Elisabeth Huybens, faisaient observer qu’une bonne partie de la dette n’est pas productive. C’est-à-dire qu’il y a des projets qui ne s’exécutent pas bien et ne se réalisent pas au rythme qui a été convenu. Par conséquent, cette dette ne contribue pas aux investissements et à la croissance de l’économie. Il est dès lors important que le gouvernement et les partenaires financiers prennent des mesures quant à la suite à donner à ces projets dont l’exécution pose problème. » Les travaux de la récente revue avaient entre autres objectifs de permettre d’identifier des actions idoines à mettre en œuvre pour booster la performance du portefeuille de coopération avec la Banque mondiale. Depuis 2014, les crises économique et sécuritaire ont imposé au gouvernement camerounais de rechercher des financements additionnels sous forme d’appuis budgétaires. De ce fait, le pays a signé des nouveaux engagements de prêts extérieurs et intérieurs significatifs pour des projets d’infrastructure. Avec une dette publique qui culminait, selon le Fonds monétaire international (FMI) à 38,7% du PIB en fin 2018, le Cameroun est passé d’un statut de pays à « bas risque » de surendettement à celui de pays à possible « haut risque » de surendettement selon l’analyse de viabilité de la dette du FMI. Ce nouveau paysage exige à la fois une optimisation de la politique d’endettement du gouvernement, la formulation d’une politique à long terme de développement des marchés financiers pour l’émission d’obligations, et un renforcement du dispositif institutionnel de gestion des obligations financières de l’état camerounais…

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