[Économie] Salaire des fonctionnaires de la santé : Motaze supprime le trop perçu

Les autorités syndicales reconnaissent que cette prime de technicité d’une valeur de 2 400Fcfa, ne doit plus figurer dans les salaires depuis 2002. La guerre contre le Covid-19 se poursuit au Cameroun. Et l’une des principales revendications des médecins en ce contexte de pandémie est la revalorisation des salaires. Dans les formations hospitalières, ce travail abattu est matérialisé par le dépistage constant des patients, leur prise ne charge. D’où leur implication première dans la lutte contre cette crise sanitaire. Dans l’attente de cette augmentation de rémunération mensuelle, ils ont plutôt constaté une suppression de la prime de technicité d’une valeur de 2400 Fcfa ce mois de juillet. Cet acte de Louis Paul Motaze, ministre des Finances qui s’inscrit dans te cadre de l’assainissement du fichier solde et personnels de l’Etat vient donc mettre fin à cette gabegie ; que plusieurs praticiens nourrissaient dans le flou. Suite à l’interpellation faite par une correspondance le 23 juillet dernier, par son homologue de la Santé publique, Manaouda Malachie. « J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir supprimer la prime de technicité agent technique ( code 242) dont bénéficient encore les fonctionnaires de certains corps de santé », a-t-il écrit à l’argentier national. Ce qui va pousser les professionnels mécontents à se réunir en Collectif des médecins indignés et’à adresser une pétition au Chef de l’Etat. « -Nous médecins fonctionnaires avons découvert avec stupeur une amputation de notre salaire d’une prime de 2400Fcfa. Alors que nous sommes encore plongés dans la bataille contre la Covidl9 dans laquelle plusieurs de nos confrères ont perdu la vie, nous sommes stupéfaits par le moment choisi pour nous ponctionner notre salaire qui est l’un des plus faibles comparé aux autres pays africains de même niveau économique », ont-ils écrit au président Paul Biya. Sauf que certains de leurs confrères trouvent cette réclamation injuste. En se fondant sur le décret présidentiel du 04 février de 2002 fixant les modalités d’attribution et le montant des primes allouées aux fonctionnaires des corps de la santé publique. « La prime de technicité n’est pas cumulable avec la prime de l’enseignement supérieur perçue par les professionnels de santé; enseignants de faculté de médecine; et de sciences biomédicales. La plus avantageuse Ceux-ci perçoivent uniquement la prime la plus avantageuse », détaille I’article2 du décret présidentiel; Le président du Syndicat national des personnels des entreprises et établissements de la santé au Cameroun, Sylvain Nga Onana soutient cette lecture du texte. En service à l’hôpital Gynéco obstétrique et pédiatrique de Ngousso, il souligne : « cette prime ne doit plus figurer dans les salaires depuis 2002 ». D’après ses explications, le texte de 2002 a supprimé cette prime de technicité de 2 400Fcfa. D’où l’annulation de celle-ci et la création de trois primes bien définies. A savoir : les primes de technicité corps santé et d’astreinte. Dont la somme totale dépasse 40 OOOFcfa. « Disons qu’il y avait un doublon dans les salaires », conclut-il. Concernant les attributions de ces éléments complémentaires de leur rémunération, ce texte renseigne en son article 4: «La prime de santé est attribuée en fonction de l’indice du fonctionnaire, celle d’abstreinte prend en compte le groupe du fonctionnaire. Par contre, la prime de technicité est attribuée en fonction du grade, de la catégorie et la classe du fonctionnaire.» Un acte de réduction qui vient siffler la fin de recréation de ce paiement illégal. «Si l’Etat doit appliquer la règle on devait faire un redressement à tous les fonctionnaires qui en bénéficiaient. Ce qui ne se fera pas. Chacun peut consulter son bulletin de solde et se rendra compte qu’il percevait deux primes de technicité», relève le syndicaliste. Pour autant, les revendications des professionnels de la santé sont loin d’être enterrées. La liste des doléances des différents corps socioprofessionnels étant longue sur la table des autorités. «Nous réclamons en définitive que d’une part, cette prime amputée nous soit intégralement restituée et d’autre part une revalorisation salariale à la hauteur de nos longues années d’études, de la complexité de notre mission et des efforts parfois surhumains que nous réalisons pour tenir bon face à cette crise sanitaire sans précédent», clament les médecins indignés.

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