[Économie] Motazé veut réorienter le programme avec le FMI

A l’occasion de la conférence annuelle de ses services centraux et déconcentrés, le ministre des Finances a indiqué que le nouvel accord avec le Fonds Monétaire International devrait être axé sur la lutte contre la pauvreté, afin de permettre un changement significatif des conditions de vie des populations. C’est sur un ton franc, que le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze, s’est exprimé le 31 janvier dernier à Yaoundé, à l’occasion de la clôture des travaux de la conférence annuelle de ses services centraux, déconcentrés et extérieurs. Dans la liste des sujets abordés au cours de son discours, Louis Mota’ze a déclaré qu’il est favorable à la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds Monétaire International (FMI), mais, à condition que celui-ci prenne une nouvelle orientation. « Techniquement, je suis favorable à ia négociation d’un nouveau programme avec le FMI. Cependant, mon souhait est que dans ia perspective de ia négociation d’un nouveau programme, que l’on insiste sur le fait qu’il doit prendre une nouvelle orientation. Notamment qu’il soit axé sur la lutte contre la pauvreté. Et ce, afin de permettre que ce programme ait un impact significatif sur les conditions de vie des populations ». Pour Louis Paul Motaze, il ne devrait plus être seulement question d’accroître les taux de croissance d’année en année, mais de faire en sorte que toutes les réformes menées et les retombées qui en découlent, aient un effet positif sur les populations. Doléance Sans détour ni fioriture, le Minfi s’est adressé au représentant résident du FMI au Cameroun, Fabien Asengiyumva en ces termes : « monsieur le représentant résident ! Au cours de nos différentes descentes sur le terrain, les populations nous disent que ce n ‘est pas ie taux de croissance que nous mangeons, c’est la richesse ». « Je me réjouis d’ailleurs du fait que, a-t-il poursuivi, iors de mon dernier voyage à Washington, les responsables du Fonds se sont montrés ouverts à cette idée. Je souhaite qu’une réflexion sérieuse soit menée dans ce sens ». Dans la même veine, Louis Paul Motaze a souhaité que le représentant du FMI au Cameroun répercute de nouveau ce vœu à sa hiérarchie, afin qu’une démarche concertée soit engagée. Les chiffres L’on se souvient en effet que dans l’un de ses rapports, d’ont l’un des volets portait sur l’évaluation de l’incidence des politiques budgétaires sur la pauvreté et les inégalités, le FMI déclarait que «malgré une croissance impressionnante depuis 2000, les taux de pauvreté et d’inégalités restent élevés au Cameroun, avec des disparités régionales croissantes ». Dans le détail, le document soulignait que le Cameroun continue de présenter un niveau élevé de pauvreté et d’inégalité, en dépit d’une croissance annuelle impressionnante du Produit Intérieur Brut réel, lequel était de 5,3 % sur la période 2013-2016. Un taux de croissance qui, de l’avis du Fonds, était de loin supérieur de celui des autres pays de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac). Pour soutenir l’argument sus-évoqué, le FMI affirmait dans son rapport que la disparité entre les taux de pauvreté entre les zones urbaines et les rurales ; mais aussi entre les différentes zones géographiques, a augmenté. Concrètement détaillait le rapport, « si le taux de pauvreté en zone urbaine a nettement diminué, passant de 17,9 à 8,9 %, il a augmenté en zone rurale, passant de 52,1 à 56,8 %. La pauvreté est la plus élevée dans les trois régions du Nord et dans le Nord-Ouest du pays, qui représentent ensemble 74 % de la population pauvre. En outre, la détérioration des conditions de sécurité depuis 2014 dans les régions du Nord et l’aggravation de la crise dans les régions anglophones pourraient avoir exacerbé la situation des pauvres, en raison de l’afflux croissant de réfugiés et de personnes déplacées ». Le FMI suggérait alors au gouvernement de mettre en place des politiques budgétaires susceptibles d’accroître les recettes et de garantir simultanément que les objectifs de croissance équitable et inclusive peuvent être atteints. Toute chose qui rejoint d’ailleurs le vœu formulé par Louis Paul Motaze.

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