[Économie] Marché de Mokolo : les commerçants sont au bords de l'asphyxie

Enquête sur la taxe sur l’Occupation temporaire de la voie publique (Otvp), à l’origine d’un conflit à ciel ouvert entre les agents de la mairie de Yaoundé II et les gros bras du marché Mokolo. Alors qu’ils percevaient la taxe sur l’occupation temporaire de la voie, ils ont été pris à partie par un groupe d’individu, donc le rattachement à une quelconque amitié relève d’un mystère. 24 heures après la bastonnade qu’ils ont reçue, ces infortunés ont du mal à tourner la page. « Hier quand on n’était en train de vendre le ticket au niveau du marché, subitement on voit les gros bras qui viennent nous attaquer. L’un d’un a ceinturé mon collègue et l’a trainé à même le sol. Quand j’essaie d’aller m’acquérir de la situation, il me dit qu’il va me répondre au Commissariat. A l’entrée du commissariat, le gros bras en question commence à nous rouer des coups de poings », raconte un agent de la Mairie de Yaoundé II, qu’un gros bras a refait son portrait. « S’il y a des individus qui menacent qui interpellent et détruisent les biens des commerçants ce n’est pas normal », condamne fermement le Maire de l’arrondissement de Yaoundé II, Yannick Ayissi. Par la suite, il a demandé au commissaire divisionnaire de Mokolo de protéger les commerçants. « Le commissariat doit faire son travail. Le commissariat doit protéger les commerçants. Je ne sais pas pourquoi ces individus-là sans foi, ni loi peuvent intimider et menacer autant des commerçants, empêcher même que la mairie puisse faire son travail normal, qui est d’assurer le bon ordre urbain et percevoir les taxes liées à l’activité de ces commerçants », s’offusque le Maire Yannick Ayissi au micro d’Equinoxe télévision. Au centre du conflit, qui aurait pu dégénérer en émeute, la perception de la taxe sur l’occupation temporaire de la voie publique, tâche normalement dévolue à la commune d’arrondissement de Yaoundé II, sauf que sur le terrain, les individus méconnus de la Mairie imposent d’autres paiements aux commerçants du dit marché. « C’est l’occasion de fustiger l’action de ces individus-là. Le commissariat est juste en face du marché. Il est inadmissible que des individus qui ne sont ni des policiers, ni des agents de la commune, entrent dans le marché, menacent les commerçants, arrachent les marchandises, les font saisir et les mettent en prison. Les qui, sont justement derrière les fameux gros bras que nous ne connaissons même pas. On n’attend parler de Champy. Je ne les connais même pas », avoue-t-il. Arnaque Les commerçants abusés portent un doigt accusateur en direction du commissariat public du deuxième arrondissement. « Je suis là, je souffre avec ma mère qui marche avec les béquilles. Chaque jour on nous chasse, on ramasse nos marchandises, on amène au commissariat et on donne 5000 on refuse, on donne 10 000Fcfa. Avec mon enfant ça ne va pas. Je veux payer le ticket, c’est le ticket que je veux », tempête une jeune commerçante du marché de Mokolo en larme. « Il y a deux circuits au marché de Mokolo. Il y a le circuit du commissariat et le circuit du poste de police. Ici au marché tout le monde le sait. Chaque fin du mois, on collecte suffisamment d’argent pour les donner. Une brouette qui s’installe ici sur la voie publique paie 10000Fcfa par mois. En réalité, c’est une imposture », raconte un commerçant du dit marché à Equinoxe télévision. Devant cette situation confuse, le chef de l’exécutif municipal de Yaoundé II a entrepris une démarche pour voir un-peu plus clair à ce qui s’apparente comme une mafia bien organisée. « J’ai reçu des dénonciations des commerçants, j’ai fait mon travail de Maire, c’est-à-dire que, je suis moi-même descendu sur le lieu à plusieurs reprises. La première descente, je l’ai fait en présence du commissaire de sécurité publique en personne. Nous avons sensibilisé les populations et les commerçants. Nous avons demandé de libérer le terre-plein ; les parkings d’un mètre pour que les piétons puissent passer. Nous ne savons pas pourquoi par la suite, ces individus peuvent être au-dessus de la loi. Ça c’est inadmissible et incompréhensible. Hier nous avons justement atteint un point culminant ou les agents de la Mairie qui dans le cadre de l’exercice de leur fonction se font bastonner par des personnes qui sont justement tapis dans l’ombre », déclare le Maire de Yaoundé II. Toutes les tentatives pour avoir la version des faits du commissaire de Mokolo sait avérer vaine. « Qu’est-ce qui peut justifier un traitement aussi inhumain de la part des autorités qui sont chargées plutôt de les protéger. Il y a eu une bagarre entre les agents de la Mairie et les gros bras, montrez- moi un gros bras qui a été arrêté ou interpellé, on ne les voit pas. On se pose donc des questions. Est-ce qu’il aurait des accointances entre le commissaire public de Mokolo et ces gros bras là ! Nous aimerions bien qu’on fasse la lumière sur cette situation-là », a-t-il conclu.

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