[Économie] Lutte contre les médicaments de la rue : l'Adamaoua durcit le ton

Le délégué régional de la santé publique vient d’effectuer une descente dans les marchés à l’effet de sensibiliser les acteurs. Cette phase de sensibilisation prépare le terrain à la sanction. L’Adamaoua comme les autres régions du pays connait une abondance des médicaments d’origine douteuse. Ces produits pharmaceutiques sont vendus à tous les coins de rue et de manière ambulante transportés sur des bicyclettes ou sur la tête. Un simple tissu suffit pour ces « docta » pour protéger leurs marchandises contre les intempéries. Après la décision du ministre de la santé publique, Dr. Manaouda Malachie de mettre fin à la vente de ces produits illicites, la délégation régionale de la santé publique pour l’Adamaoua a mis sur pied une équipe cadre de lutte contre ces médicaments contrefaits. Une mesure dont l’effectivité permettra de mieux réguler le secteur, à en croire certains les citoyens de la ville de Ngaoundéré. La pédagogie avant la sanction La descente dans les marchés de Ngaoundéré s’inscrivait dans la logique de la sensibilisation des acteurs. « Après certaines analyses, nous avons constaté que la vente des médicaments d’origine douteuse prend une ampleur que si nous ne faisons rien, nous ne pourrons pas contrôler. Avec cette prolifération de ces médicaments dangereux et ayant enregistré certaines conséquences négatives liées à cette consommation des médicaments, nous avons estimé, sur instruction de notre hiérarchie de descendre sur le terrain afin de lutter contre ce fléau. Cette descente est pédagogique. Il fallait échanger avec ces vendeurs, ces distributeurs« , a expliqué Dr.Zakari Yaou Alhadji, délégué régional de la santé publique pour l’Adamaoua. Dans ce business des médicaments de la rue, les vendeurs constituent un des maillons d’une chaîne. Par cette descente de sensibilisation, l’équipe cadre de la délégation régionale de la santé prépare le terrain à la répression des vendeurs. Une répression qui devra prendre en compte plusieurs aspects. La répression « Après la pédagogie, la sensibilisation, s’ils ne s’abstiennent pas, on va passer à la vitesse supérieure par des sanctions par la saisie de ces médicaments, l’arrestation de tous ceux qui mènent ces activités. Ils seront condamnés selon la règlementation en vigueur« , a-t-il ajouté. La pédagogie de la délégation régionale de la santé est mal assimilée par les vendeurs. Partout dans la ville de Ngaoundéré, les vendeurs continuent de vaquer paisiblement à leurs activités, sillonnant les quartiers à la recherche des clients. Lutte multisectorielle La réussite de cette lutte passe par une collaboration entre les différentes administrations. L’administration des douanes, les forces de maintien de l’ordre et de sécurité et l’administration territoriale, en adoptant des stratégies communes de lutte contre les médicaments de la rue pourront réduire l’intensité du phénomène qui recrute de plus en plus. Les résultats seraient encore meilleurs si les poches de la corruption sont écartées de cette lutte engagée contre les médicaments des « faux docta ».

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