[Économie] Importations : menaces de pénurie de riz

Le stock actuellement disponible se situe en deçà de la demande nationale. Pendant ce temps, la production nationale prend le chemin de l’étranger. Le Groupement des importateurs de riz du Cameroun (Girc) vient d’alerter les autorités sur de sérieuses menaces de pénurie de cette denrée sur le marché à brève échéance. En conférence de presse en fin de semaine dernière, ils ont indiqué que le pays ne dispose actuellement que d’un modeste stock de 200.000 tonnes, et demandent au gouvernement d’accélérer les procédures d’achat à l’étranger en supprimant les nombreux goulots d’étranglement marquées par des tracasseries administratives. La demande nationale en la matière, note-t-on, était évaluée à 576.949 tonnes en 2020, pour une production locale de 140.170 tonnes – à peine couvert 24% de la demande – pendant la même période. Selon un rapport de l’institut national de la statistique (INS), les quantités de riz importées étaient passées de 561.112 tonnes en 2018 à 894.486 tonnes l’année suivante, représentant une hausse de 59,4% pour 231,8 milliards de FCFA, en augmentation de 60,9%. Malheureusement, soupire le Girc, la modeste production de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry), dans l’Extrême-Nord, emprunte les routes de la clandestinité. Le regroupement estime ainsi à 10, le nombre de camions bourrés de sacs de riz paddy (non décortiqué) qui, chaque nuit, tra-* versent la frontière pour aller écôuler leur cargaison au Nigeria où le produit est considéré comme plus rémunérateur. Le bassin de Yagoua produit 80% du riz du Cameroun, et des sources autorisées estiment à 90% la quantité exportée de manière frauduleuse vers les industries du riz situées dans les localités de Kano et Lagos. Lorsqu’on imagine le temps nécessaire pour les procédures d’importation, de commande, de chargement, de déchargement et de ventilation-à travers le pays, l’alerte du Girc est à prendre très au sérieux. Inutile de préciser que le riz est, aussi bien en ville qu’à la campagne, l’une des denrées les plus consommées au Cameroun. Comrrte c’est souvent le cas avec les produits de grande consommation massivement importés, le gouvernement attendra certainement la dernière minute pour mobiliser sa logistique bureaucratique. En août 2020, rappelle-t-on le gouverneur de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, a levé l’arrêté signé le 24 juillet d’avant, interdisant la sortie du riz.non décortiqué de sa zone de compétence. Il précisait alors que «les producteurs, les commerçants et les transporteurs doivent toutefois se conformer à la réglementation en travaillant en étroite collaboration avec les services du commerce et des douanes». Mais il était prévu que les riziculteurs paient une redevance à la Semry afin de lui permettre la mise sur pied d’un dispositif de sécurité pour la campagne de soudure.

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