[Économie] fichier solde de l'État : 12,2 milliards FCFA virés à des morts

A terme, ce sont 21,8 milliards Fcfa que le Trésor public espère recouvrer auprès des banques et EMF. En 2020, les opérations d’assainissement du fichier solde de l’Etat ont permis de récupérer auprès des banques et établissements de microfinance (EMF) une somme totale de 12,2 milliards Fcfa. Cet argent, a appris votre journal, a été viré dans des comptes appartenant à des personnes décédées, nous informe des services compétents de la direction générale du budget (DGB) du ministère des Finances (Minfi). Au total, c’est environ 21,8 milliards Fcfa que le Trésor espère recouvrer auprès de ces institutions au terme du processus débuté en 2018. Ladite opération intervient alors que, en 2019, l’Etat avait déjà réalisé une économie budgétaire annuelle de l’ordre de 30 milliards, grâce à la suppression de 10.000 agents publics fictifs. Au titre des pensions d’invalidité, le u Trésor a également recouvré quelque 10 milliards de francs par an, auprès d’ayants droit bénéficiaires sans titre ni qualité. En août 2019, le Minfi avait annoncé l’entrée en vigueur, dès la fin dudit mois, de la paye par virement bancaire individualisé, des agents publics et pensionnés, afin d’échapper au phénomène des fonctionnaires fictifs. Cette nouvelle formule, liant ledit département à 16 établissements financiers locaux, devrait être gérée à travers le Système de tèlécompensa-,,tiçp.en Afrique centrale (Systàc).’ Lequel ambitionne de mettre un terme au mode de paiement manuel et groupé de la solde, à partir d’une disquette collective que l’on déposait jadis dans une banque, source de manipulations et de fraudes. Dorénavant, avait-on alors juré, le service de la solde du Minfi approvisionnerait directement le relevé d’identité bancaire (RIB) du bénéficiaire auprès des institutions financières, appelées à se réajuster et, avec lesquelles le gouvernement a signé une convention de collaboration. C’est à cette occasion que les pouvoirs publics révélèrent la présence de 10.000 salariés fictifs de la fonction publique, repérés et rayés des listes de la solde, dans le cadre de l’opération de comptage physique du personnel de l’État (Coppe) lancée en avril 2018. Ce toilettage du fichier solde avait ainsi permis au Trésor de réaliser une économie annuelle de quelques 30 milliards de Fcfa, pour une masse salariale de 1058 milliards de Fcfa en 2019, en hausse de 3,32% par rapport à l’année précédente. Antilope et consorts Si le phénomène de salariés fictifs est aussi tenace, cela laisse clairement indiquer des complicités internes, à un niveau élevé, au sein de la chaîne de gestion du fichier solde de l’Etat. Or, à ce jour, aucun responsable d’envergure n’a été inquiété sur le sujet. Il en est de même des fameux comptes appartenant à des personnes décédées. Ceux-ci né peuvent recevoir ces virements que par l’action d’autres individus bien vivants, eux, qui les opèrent. Si le gouvernement avait voulu assainir en profondeur, il lui aurait suffit d’interroger les listings des mouvements pour identifier, sans peine, ceux qui y mènent des opérations de versements et/ou de retraits de fonds, et le tour serait joué. Or tout apparaît tellement échevelé et tarabiscoté que, ceux en charge de la prophylaxie, finissent par passer pour les commanditaires du faux et de l’usage du faux. Un chantier d’éternel recommencement, aurait dit Sisyphe en son temps… Depuis les années 90, le gouvernement a lancé moult initiatives d’assainissement de son fichier solde, qui semblent autant de coups d’épée dans l’eau. De l’«Antilope» à «Regains» en passant par I’«Aquarium» et autre Système informatique de gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la solde (Sigipes), diverses formules ont été vantées, pour aller dans le sens de l’autonomie de gestion des personnels dans les administrations employeuses. Le 27 mars 2014, à l’occasion d’un Conseil de cabinet, c’est le Premier ministre Philemon Yang qui instrusait le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative «d’étudier la possibilité d’instaurer un recensement biométrique permanent des agents publics, afin de suspendre ou supprimer systématiquement les salaires consécutivement aux abandons de postes».

Website to visit

Social

  • Mobile Apps