[Économie] Extrême-Nord : les recettes douanières se portent bien

Rendu au 30 novembre dernier les réalisations sont de 99,20%. des prévisions. Depuis le début de la crise sécuritaire Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, le trafic le long des frontières avec le Nigeria voisin est perturbé. Les activités économiques tournent au ralenti, l’économie locale accuse un coup énorme. Outre ces désagréments, l’avènement de la crise sanitaire liée au Covid-19 avec les mesures de lutte qui ont été prises a empiré la situation avec certaines frontières fermées et laissant la prolifération des activités de contrebande. Une situation qui touche drastiquement les opérations s’avèrent efficaces bien qu’elles nécessitent des efforts considérables des gabelous sur le terrain. En effet, rendu au 30 novembre dernier, les réalisations sont de 99,20%. «Nous pouvons nous féliciter de ce travail abattu sur le terrain ces derniers temps grâce à cette nouvelle dynamique que nous avons impulsée mais il faut relever que nous avons rencontré des difficultés énormes étant donné que les frontières ne sont pas totalement ouvertes, la saison de pluie a détruit les voies de communication, le pont au niveau de Limani n’est pas encore reconstruit partant cette voie allait permettre la circulation des marchandises de ce côté entre autres», explique NdONNA Alain Guichard, chef de secteur des Douanes pour l’Extrême Nord. Aussi, les activités sur le pont Fotokol et le pont Nguéli n’ont pas véritablement retrouvés leur mouvement d’antan. A côté, d’autres obstacles perturbent les activités de Ta douane. Certains parmi les populations peinent à comprendre les activités de la mission spéciale appelée « Halcomi». «Les gens nous disent qu’ils ne sont pas au courant de certaines dispositions légales dévolues à la douane lorsqu’ils tombent dans des trafics illicites. De ce fait, nous sommes ouverts pour toute information utile. Nous avons certes un système de déclaration fiable et qui nous permet de lutter efficacement contre la corruption mais les perturbations des connexions internet ne permettent pas son bon fonctionnement. Tous nos agents doivent « s’arrimer à la nouvelle dynamique pour optimiser les recettes», poursuit le chef secteur des douanes de l’Extrême-Nord. Non’sans lancer un appel aux élites locales à accompagner les activités de recouvrement des recettes de la douane par la sensibilisation des populations. Malgré les efforts consentis par les douaniers, l’avènement de la Covid-19 continue d’impacter le trafic transfrontalier avec les pays voisins. Ce qui a accentué les activités de la contrebande. «La circulation des personnes et des biens est compliquée avec les mesures et les contrôles, nous préférons contourner à travers les pistes rurales parce que les routes sont aussi en mauvais état. Les gens nous considèrent comme des contrebandiers mais nous ne le sommes pas», confie Seini, commerçant sur la ligne des frontières Cameroun-Nigeria. Comme lui, plusieurs jeunes s’adonnent à ce trafic, transportant des marchandises à bord des engins à deux roues. Ce qui ne permet pas à la douane de faire son travail sur le terrain pour traquer ces produits qui inondent le marché local. Toutefois, les prévisions assignées aux douaniers par leur hiérarchie sont atteintes grâce aux nouvelles stratégies impulsées par le chef Secteur. Ce dernier se réjouit des recettes engrangées par son secteur ces derniers temps. Il faut également noter que la collaboration entre le secteur de douanes de l’Extrême-Nord et les acteurs des échanges commerciaux sur les grands axes frontaliers a permis de réduire la corruption et d’atteindre les objectifs. «Nous rappelons aux populations que la Douane est un acteur incontournable dans le processus de sécurisation des échanges avec l’extérieur et un maillon fort dans le contrôle de la chaîne logistique, compte tenu du rôle qu’elle joue aux frontières et de la nature des missions qui lui sont dévolues. Préserver les intérêts fiscaux et financiers de l’Etat, protéger l’économie nationale contre les mouvements illicites de marchandises et protéger la société contre les menaces de sécurité, sont autant de missions qui lui incombent. Alors il faut que les élites locales assistent cette administration fiscale à mobiliser les recettes», confie un ancien douanier à Maroua.

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