[Économie] Eau minérale : l'amer à boire

Le phénomène de contrefaçon de ces boissons a pris une ampleur indicible que même les grandes marques sont aussi engluées dans ces eaux troubles. Le secteur des eaux dites minérales actuellement secoué par une rude concurrence est désormais loin de rassurer les consommateurs. Quelque soit le système d’approvisionnement, la qualité de ces boissons est devenue plus que douteuse. Des inquiétudes à en croire certaines sources, qui découleraient de la provenance et surtout du conditionnement de ces eaux destinées à la consommation. Et depuis que la confirmation est venue avec la décision des pouvoirs publics, de fermer une entreprise de production A’«eau minérale» déclarée impropre à la consommation, il est quasiment impossible de dire avec certitude que ces eaux sont véritablement potables. La vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrant un endroit de conditionnement de cette marque d’eau a fini de jeter le doute et les inquiétudes sur les multiples eaux minérales qui abondent l’espace commercial national. De l’eau de robinet astucieusement chargée dans des contenants exposés à même le sol, à l’aide d’un tuyau à la propreté questionnable et refermés à la main. Avec la floraison des marques qui naissent quotidiennement, il est devenu impossible pour le citoyen ordinaire de distinguer les véritables eaux minérales naturelles d’avec les autres. Pourtant, le 23 juin 2020 dans une interview, Francis Eyalla, président du réseau national des consommateurs, sonnait déjà le tocsin sur la dangerosité de ce produit de consommation de masse. Il invitait ainsi les sociétés de production à se conformer aux normes sous peine d’ouverture de la boîte de pandore. Instruction qui n’a pas été exécutée dans la mesure où le secteur est même parti de mal en pire. «Un jour j’avais soif, j’ai acheté une bouteille d’eau «minérale» dans une foire. Mais seulement, j’ai eu très mal au ventre après avoir consommé le tiers de la bouteille», raconte une victime de ces eaux de mauvaise qualité. La déclamation de cette dernière est loin de constitiîgr un cas isolé. Dans la population, de plus en plus de personnes se plaignent de la qualité de ces eaüx. Nombre d’entre elles souffrent désormais de maladies hydriques, inoculées par ces breuvages problématiques. La recrudescence des cas de typhoïde, dysenterie amibienne, choléra, diarrhée et autres pathologies résulte de cet état de chose. Les pouvoirs publics sont déjà à pied d’oeuvre pour filtrer le secteur de l’eau dans le pays, à travers l’imposition de contrôles physicochimiques et microbiologiques. Le 05 mars dernier, le ministre du commerce a instruit le retrait de l’eau Sano du marché après la suspension des activités de l’entreprise par le ministre des Mines, pour «non-respect des normes d’exploitation». Un assainissement qui va définitivement rendre potable, les eaux minérales en circulation au Cameroun. En attendant, de l’eau frelatée continue de couler dans les bouteilles au mépris de la réglementation.

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