[Économie] Détournement : elles dévalisaient des comptes dormant des clients de la SCB

Les fonds supposés volés étaient ponctionnés des comptes régulièrement ouverts dans les livres de la Société camerounaise de banque pour être virés et décaissés frauduleusement par d’autres personnes sans ordre de virement ni procuration. L’accusée principale a décidé de garder le silence pour sa défense. Yvane Mara Koum Dissake, V ex-employée de la Société a camerounaise de Banque (SCB), a décidé de ne faire aucune déclaration pour sa défense dans le cadre du procès qui l’oppose depuis 2018 à son ancien employeur devant le Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi. Poursuivie pour complicité d’abus de confiance aggravé avec Mme Ndebi épouse Amvella Marie, une ancienne employée de la Commercial Bank of Cameroon (CBC), elle refuse de donner sa version des faits d’après l’article 366 (b) du Code de procédure pénale. C’est tout le contraire de sa compagne d’infortune qui clame son innocence. Incarcérées à la prison centrale de Kondengui depuis bientôt trois ans, les deux dames ont comparu le 14 janvier 2021 en audience publique pour l’ouverture des débats de leur procès. Lequel n’a paS pu se poursuivre malheureusement deux semaines plus tard pour des raisons encore inconnues. Il est reproché à Yvane Mara Koum Dissake et à Mme Amvella Marie Marcelle d’avoir organisé le décaissement frauduleux d’une somme d’environ 177 millions de francs à la SCB, à travers des paiements aux guichets et des virements effectués au profit de plusieurs comptes, notamment celui dit des «enfants Amvella». C’est Mme Amvella Marie qui mouvementait ledit compte. En l’espace de quelques semaines au moment des faits incriminés, ce dernier aurait par exemple reçu tout seul, et de façon illicite, le gros du pactole. Soit la somme de 151,5 millions de francs. Le mécanisme que les deux dames sont accusées d’avoir mis en place aurait pu se poursuivre plus longtemps si un incident de parcours n’était pas venu alerter la banque. Selon l’accusation qui a commencé à dérouler sa version des faits à l’audience du 14 janvier dans une salle sombre qui a obligé le collège des juges à faire usage des lampes de leurs téléphones portables, le pot aux roses est découvert suite à une Rénonciation faite le 16 mars 2018 par une cliente, Mme Ngolo Marie Noëlle. Cette dernière déclare alors à son banquier avoir reçu dans son compte un virement inattendu d’un montant de 12 raillions de francs dont elle ignore totalement l’origine. L’enquête immédiatement ouverte et menée par le service d’audit interne de la SCB va pointer Yvane Mara Koum Dissake comme l’auteure du virement, suspect. L’audit mettra aussi en évidence de nombreuses autres transactions du même type effectuées entre le 13 février et le 8 mars 2018. L’employée de la SCB aurait été inspirée dans sa besogne p sa supposée complice, Mme Amvella Marie, dont le compte des enfants aurait été destinataire de l’essentiel des virements frauduleux. Zones d’ombre Sélectionnée dans une liste de six témoins de la banque dont deux seulement ont été retenus par le tribunal pour les besoins du procès, Mme Motto Ndoumbe Catherine a été interrogée le 14 janvier par le représentant de l’Etat. Inspecteur en service à la SCB, elle faisait partie de l’équipe de l’audit interne ayant mené les recherches approfondies sur cette affaire après son déclenchement. L’auditrice raconte que leur enquête avait identifié 18 virements frauduleux effectués par Mme Dissake en marge de la réglementions bancaire. Selon le témoin, le mode opératoire utilisé par cette accusée consistait à virer les fonds dans une chaîne de comptes. Ainsi, chaque compte bénéficiaire d’un virement effectuait à son tour un mouvement dans autre compte jusqu’au décaissement en faveur des personnes autres que les titulaires des comptes initiaux. D’après Catherine Motto Ndoumbe, pour qu’un virement se fasse d’un compte à un autre, il faut absolument que le client qui autorise ledit virement dépose un ordre de virement. Ce dernier doit ensuite être identifié par l’agent qui le reçoit et s’assure que la signature apposée sur l’ordre de virement est celle déposée par le client. «Toute cette procédure-n’a pas été respectée par l’accusée qui a également évité de consigner les.opérations litigieuses dans le registre de la banque». Le témoin précise néanmoins que «les pièces justificatives des retraits effectués aux guichets ont été retrouvées». Mme Catherine Motto Ndoumbe met par ailleurs sur le dos de Mme Koum Dissake l’ouverture d’un compte bancaire le 15 février 2018 en l’absence d’un dossier, mais aussi l’absence des procurations délivrées aux personnes ayant décaissé les fonds litigieux. Dans la suite de son récit., le témoin précise que les fonds distraits étaient puisés des comptes dormants approvisionnés, c’est-à-dire des comptes qui n’ont enregistré aucun mouvement sur une tongue période. Ce sont ces comptes qui ont été vidés au profit notamment du «compte des enfants Amvella». Pour le témoin, aucune explication ne peut être donnée pour justifier les opérations récriées en l’absence des pièces qui devraient les accompagner. Mme Motto Ndoumbe terminera son propos en s’étonnant que Mine Koum Dissake ait pu toute seule effectuer un virement et un décaissement dans un même compte bancaire et le même jour, une déclaration qui laisse entendre que l’accusée ne pouvait gérer seule dans le cadre de cette affaire. La première, phase ré l’audition de ce témoin ne permet pas d’en savoir davantage pour le moment, notamment sur le rôle ré Mme Amvella Marie, lé second accusé dans ce procès. Au terme ré l’exposé du premier témoin ré la banque, les avocats ont déposé une liasse ré documents au soutien de l’accusation pour soutenir ses déclarations. Sauf que le tribunal a suspendu la suite du procès et renvoyé l’affaire au 29 janvier 2021 pour permettre aux avocats de la défense ré prendre connaissance desdits documents avant de procéder au contre interrogatoire de Mme Motto Catherine. Un contre–interrogatoire qui n’a pas encore eu lieu. A note, cependant, selon certaines indiscrétions, que l’accusée principale ambitionnait rébriguer un emploi dans une organisation du système des Nations Unies, avec un stage pré emploi obligatoire dans les institutions de l’Union européenne. C’est pour atteindre cet objectif qu’elle aurait décidé de trouver les moyens nécessaires pour assouvir ses ambitions dans les comptes dormants ré’ la SCB, son employeur. La suite des débats pourra sans doute apporter plus d’éclairage.

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