[Économie] Consommation de crédits : le Cameroun crache sur 655,3 milliards de la Banque mondiale

L’institution financière menace de récupérer cet argent, si le gouvernement n’est pas prêt à l’affecter aux projets de développement annoncés. L’Etat du Cameroun est en voie de perdre une enveloppe totale de l’ordre de 655 milliards de Fcfa, des financements mis à sa disposition par la Banque mondiale (BM) mais jamais .décaissés. Mercredi à Yaoundé, au cours d’une session conjointe annuelle de revue du portefeuille des projets, les parties ont eu à constater que le taux de décaissement était passé de 21,4% en 2017 à 7,4% en 2020, représentant une baisse de 14 points. Le solde des engagements non décaissés à ce jour pourrait devenir forclos si ces ressources demeuraient dormantes au cours des’ deux prochaines années. Illustrant son propos, Iç directeur des opérations de la BM au Cameroun, Abdoulaye Seek, s’est penché sur le projet d’urgence de réponse à la pandémie du Covid-19, approuvé en septembre 2020 et qui n’est pas encore en vigueur alors qu’il sera clôturé en septembre 2022. Ou encore le programme de remise à niveau managé par la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel), pour lequel l’institution de Bretton Woods a débloqué 191 milliards de francs, qui sera clôturé en 2022 et qui affichait fin septembre 2020, un taux de classement de 4,8%. La BM aura eu cette inertie à l’élasticité des devis de passation de marchés et des contractualisation, et donc à la bureaucratie qui plombe les procédures entre approbation des financements et leur signature. Voici trois ans, les performances du portefeuille des projets de la Banque au Cameroun, qui se montait alors à environ 1000 milliards de Fcfa, étaient déjà fortement remises en cause. A l’époque, les taux de décaissement cumulés se situaient à 46,1% soit 23% pour l’année fiscale 2016-2017 alors que le solde des engagements non décaissés s’élevait 512, 7 milliards de francs. A l’époque, on déplorait déjà des «problèmes transversaux» liés à la passation des marchés publics, aux retards dans l’obtention des visas au niveau du ministère des Marchés publics, à la gestion des fonds des indemnisations des populations ou encore à la non maîtrise des procédures de délivrance des décisions d’expropriation et d’indemnisation par les gestionnaires des projets. Indolence chronique De son côté, la Banque africaine de développement (BAD)* qui en mars 2020 revendiquait 14 projets nationaux, 5 projets régionaux et 4 projets du secteur privé avec le Cameroun, déplorait 638,6 milliards de francs de soldes engagés mais non décaissés. L’institution continentale, rappelle-t-on, dispose du plus gros portefeuille de prêts au Cameroun, soit 18,6% de la totalité des soldes engagés, par les bâilleurs de fonds en direction du pays, mais non décaissés (SEND’s) et 34,3% des SEND’s multilatéraux. Comme on le constate, la Banque mondiale n’est pas le seul partenaire au développement à déplorer l’indolence du gouvernement camerounais dans la consommation des crédits mis à sa disposition. Fin septembre dernier, les SEND’s étaient évalués à 3.449,6 milliards de francs. Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), 54% des prêts proviennent des conventions signées avec les bailleurs de fonds multilatéraux, 28,5% des financements de la coopération bilatérale dont 761,4 milliards de francs à décaisser auprès de la Chine — 77,5% des SEND’s bilatéraux et 22,1% des SEND’s totaux — pour 17,5% de prêts commerciaux, dont un total de 170 milliards de francs à décaisser auprès de l’industrial and Commercial Bank of China (ICBC). Comme bien d’autres, la CAA pointait au rang des facteurs bloquants la difficile mobilisation des fonds de contrepartie, les lenteurs administratives dans les procédures d’expropriation et d’indemnisation des personnes victimes des pertes de biens, la maîtrise limitée des procédures nationales et celles des bailleurs de fonds par tes porteurs de projets, tes problèmes en matière de contractualisation, l’absence d’un mécanisme coercitif en cas de non atteinte des objectifs, ainsi que les capacités [imitées en ressources humaines des unités d’exécution des projets.

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