[Économie] Budget 2019 :Les recettes d'impôt et taxes chutent de 161 milliards

Cette sous-performance qui se traduit principalement par la baisse des recettes de la Taxe sur la Valeur Ajoutée de 68 milliards de francs CFA, est due aux difficultés que rencontrent les grandes entreprises, selon un document récemment publié par le ministère des Finances. La collecte des recettes internes de l’Etat, notamment les impôts et taxes a subi des contrecoups importants au cours des neuf premiers mois de l’année 2019. C’est du moins ce qui ressort d’une note récemment publiée par le rjiinistère des Finances (Minfi), portant sur l’exécution budgétaire, laquelle renseigne que les recettes d’impôts et taxes ont chuté de 161 milliards de francs CFA, comparé à l’année précédente. En effet, alors que l’objectif fixé au moment de l’élaboration de la loi de finances fixait le montant de ces ressources à 1 485,3 milliards au mois de septembre 2019, l’Etat n’a pu recouvrer que 1 324,3 milliards de francs CFA, ce qui correspond néanmoins à un taux de réalisation de 89,2 %. Il convient de souligner que ces recettes sont en baisse de 29,4 milliards de francs CFA par rapport à l’exercice 2018, année au cours de laquelle elles s’élevaient à 1 353,8 milliards au cours de la même période. Concrètement, explique-t-on dans le document publié par le Minfi, est induite par la baisse des recettes observée au niveau de plusieurs taxes et impôts, notamment la Taxe sur la Valeur Ajoutée qui est en diminution de 68,2 milliards de francs CFA. Cette décote est cependant atténuée par les hausses de l’impôt sur les Revenus des Personnes Physiques (Irpp), 25 milliards de francs CFA, des droits d’accises (8,1 milliards de francs CFA) et du timbre (4,1 milliards de francs CFA). Globalement, précise le document du Minfi, au niveau de cès différents impôts et taxes, les taux de réalisation sont de 74,1 % pour la TVA, 91,3 % pour les droits d’accises, 96,5 % pour les droits d’enregistrement et du timbre et 97,1 % pour la Tspp. En guise d’explication à cette faible performance, le document du Minfi souligne que cela est dû aux contrecoups et autres difficultés rencontrées sur le terrain par les grandes entreprises, par ailleurs meilleurs contributeurs de l’Etat en ce qui concerne ces différentes taxes. Il y a lieu de souligner à cet effet le contexte économique dans lequel s’est déroulé le recouvrement de ces impôts et taxes tout au long de la période de référence. Celui-ci a été notamment marqué par la persistance de la crise dite anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, sans oublier la veille sécuritaire toujours en cours dans les régions de l’Adamaoua et de i’Extrême Nord. La conséquence logique de ce faible recouvrement des impôts et taxes est, expliquent des spécialistes, la difficulté de l’Etat à tenir ses différents engagements, en l’occurrence le financement efficient des projets, fonctionnement des administrations, paiement des salaires, etc. En clair, soutiennent ces experts, lorsqu’un Etat éprouve des soucis à recouvrer de manière optimale les recettes d’impôts et taxes, cela obère ses capacités à honorer ses différents engagements, d’où la nécessité de trouver de nouvelles méthodes pour mieux recouvrer ces ressources. Dans ce sens, il convient de souligner que nombre de mesures ont été prises dès juillet 2019, lesquelles portaient entre autres sur « le renforcement des contrôles fiscaux et douaniers, l’amélioration des recouvrements des droits et taxes pris en charge par le budget de l’Etat et la régulation budgétaire des recettes affectées de l’éducation et de la santé au cours de la période sous-revue ».

Website to visit

Social

  • Mobile Apps