[Économie] Adamoua : les assureurs ne rassurent plus les assurés

La première édition de la journée des assurances était axée sur le manque de culture d’assurance et le non-paiement des dommages par des assureurs. La population de l’Adamaoua, comme celle du Cameroun en général, a de l’assurance, se méfient des assurances. Et qui mieux que les autorités du château d’eau peuvent tirer la sonnette d’alarme. «Le marché des assurances, dans notre région, n’est pas assez exploité soit par ignorance, par contrainte de respect de la. règlementation en vigueur, soit par refus catégorique de s’y intéresser», a dénoncé Kildadi Taguiéké Boukar, gouverneur de l’Adamaoua. Et le maire de la ville de Ngaoundéré, de relever avec emphase que : «le paysage des assurances est relativement vaste à Ngaoundéré, mais peu connu et peu sollicité par des usagers qui gagneraient à s’y intéresser». C’est justement pour intéresser les habitants de l’Adamaoua à tout ce qui concerne le secteur que la première édition de la journée porte ouverte des assurances s’est tenue à Ngaoundéré, le 28 octobre dernier, sous le thème : «S’assurer, c’est affronter la vie avec plus de confiance». Un thème évocateur qui ne traduit que la triste réalité observée : la crise de confiance entre assureurs et assurés. D’un côté comme de l’autre, le service régional des affaires monétaires et des assurances (Srama/AD) a relevé des difficultés dont le non-respect strict de la règlementation en vigueur en matière d’assurance et les mauvaises pratiques observées sur le marché en ce qui concerne l’authenticité des documents délivrés et la tarification appliquée par les assureurs ; la mauvaise culture financière des populations sur les produits et services offerts par les assurances, et qui, pour la plupart, s’y intéressent par contrainte ; le non-paiement des dommages par la plupart des assureurs à’ la suite de la survenance des sinistres ; mais aussi, des lenteurs administratives recensées par les assureurs pour le traitement des requêtes formulées. «Le constat est clair, le taux d’utilisation des. services financiers en général, et de l’assurance en particulier, est très faible dans la région de l’Adamaoua. Et ceci peut se justifier par les difficultés sus-évoquées, .voire la crise de confiance née entre l’assuré et son assureur. D’ailleurs, le taux de pénétration de l’assurance est estimé à 2% pour le Cameroun, selon le rapport 2017 de la direction des Assurances du ministère des Finances. Ce qui traduit une contribution très faible de ce secteur dans l’économie du pays», a indiqué Aurel Nkoa Janga, le chef du Srama/AD. Gestion des sinistres En présence du chef de mission représentant le ministre des Finances, les assureurs ont massivement répondu présents à l’appel de l’Etat. La population aussi. Un rendez-vous idoine pour faire connaître les missions du Srama, un démembrement du ministère des Finances et de la direction générale du Trésor, en charge du secteur des métiers de la banque, de la microfinance, des bureaux d’assurances, du change et des transferts. C’est à son niveau que 13 officines d’assurances sur les 20 que compte l’Adamaoua ont livré les résultats d’une étude menée entre 2017 et 2019. Etude qui révèle qu’ont été collectées des primes d’assurance d’un mon-tarit global de 1 591 537 887 FCfa avec un total sur les trois exercices de 1 837 994 FCfa pour la collecte des primes en assurance appels d’offres ; 13 389 721 FCfa collectés pour la couverture des incendies ; 152 773 181 FCfa collectés pour la couverture des autres branches et 1 420 842 414 FCfa de primes collectées pour la responsabilité civile automobile. Soit environ 90% du montant global des primes collectées. Il a été enregistré un nombre total de 420 sinistres déclarés pour un montant de 373 386 141 FCfa des sinistres payés. Au total, ce sont 10 822 clients répertoriés auprès des intermédiaires et 13 205 contrats d’assurance automobile enregistrés.

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