Conseil supérieur de la magistrature : Amadou Ali fait son come-back

La nomination de l’ancien garde des Sceaux et deux autres membres, le 29 mai, est annonciatrice de la tenue d’une session de cette instance sans Foumane Akame, son secrétaire permanent pendant plus de 30 ans, décédé il y a cinq mois. Sorti du gouvernement le 04 janvier dernier, Amadou Ali, qui officiait depuis le 09 décembre 2011 comme ministre délégué à la présidence de la République chargé des relations avec les Assemblées, n’a fait qu’une apparition publique depuis cette date. C’était le 09 février à Mora (Extrême-Nord), à l’occasion du meeting de remerciement du département du Mayo-Sava au président de la République, pour la nomination d’Ibrahim Talba Malla au gouvernement. Dans une interview accordée à Mutations ce jour-là, l’ancien ministre de la Défense avait redit sa fidélité au chef de l’Etat, et confié que, loin d’un limogeage, Paul Biya lui « a demandé de [se] reposer un tout petit peu » et lui a affecté « un médecin permanent », en raison de ses soucis de santé. Il avait ensuite laissé entendre qu’il allait « beaucoup mieux », accusant au passage ses détracteurs et la presse d’être allés trop vite en besogne en « prédisant » sa mort. Depuis le mercredi 29 mai, il est membre du Conseil supérieur de la magistrature (Csm). Il va y siéger en tant que personnalité désignée par le président de la République, en remplacement de Hamadjoda Adjoudji, décédé le 07 novembre 2018. Il fait en réalité un come-back dans cette institution dont il a assuré la vice-présidence, du temps où il était ministre de la Justice, garde des Sceaux (de 2001 à 2011). En tant que personnalité désignée par l’Assemblée nationale, le député Luc Koa fait également son entrée au Csm, de même que la magistrate Cunégonde Mekoulou, épouse Ngotty, actuelle présidente de la Cour d’Appel du Centre, désignée par la Cour suprême. Ils remplacent respectivement Barnabé Eloundou et Marc Ateba Ombala, eux aussi décédés l’an dernier. Peut-être ces nominations annoncent-elles la tenue prochaine d’une session du Conseil supérieur de la magistrature, après deux ans d’hibernation. En effet, la dernière rencontre du genre présidée par Paul Biya remonte au 07 juin 2017. Et entretemps, les dossiers se sont empilés sur la table du Conseil : l’intégration des auditeurs de justice sortis de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), les affectations et changement de grades des magistrats, la nomination d’un successeur à Marc Ateba Ombala au poste de président de la chambre des comptes de la Cour suprême, la mise à la retraite des magistrats frappés par la limite d’âge, etc. Pour la première fois depuis plus de 30 ans, le Conseil supérieur de la magistrature se réunirait sans Jean Foumane-Akame, son secrétaire permanent. Cette figure de proue de la magistrature camerounaise, qui était jusqu’au 13 janvier 2019, date de son décès, le plus vieux magistrat en activité au Cameroun, incarnait quasiment cette instance. Conseiller juridique du président de la République depuis le milieu des années 1980, ce proche parmi les proches de Paul Biya a même longtemps été considéré comme le véritable ministre de la Justice.

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