[Communication] Régulation : le CNC veut jouer les gendarmes dans les médias

Le Conseil national de la communication a annoncé vendredi dernier à Yaoundé, son intention de surveiller le contenu des médias pendant la campagne électorale liée aux Régionales du 06 décembre prochain. C’est en prélude à l’ouverture de la campagne électorale qui s’est ébranlée samedi dernier que l’organe présidé par Peter Essoka a lancé sa session permanente. Pendant deux semaines, conformément à l’article 11 du décret du 23 janvier 2012, portant organisation de cet organe, « le Conseil siège de manière permanente pendant la période de campagne électorale afin de veiller au respect des lois, au principe de l’accès égal ou équitable des partis politiques, des candidats ou de leurs représentants aux medias publics. Il s’assure du respect par les médias des principes de transparence, de pluralisme et d’équilibre ». Peter Essoka, dans son discours de circonstance a tenu à préciser que le rôle du régulateur en période électorale consiste prioritairement à attirer l’attention des différents acteurs du secteur de la communication sociale sur la nécessité du respect des règles professionnelles et des exigences déontologiques contenues dans les dispositions législatives et réglementaires qui régissent leurs activités durant la période électorale. « Nous devons veiller que les professionnels des médias assurent une couverture objective, équitable et impartiale du contenu annoncé », a-t-il martelé à l’endroit du monde des médias avant de rappeler aux journalistes l’exigence de la neutralité qui va avec un certain nombre de problématiques. Le « senior journalist » a de ce fait, entre autres, convoqué la responsabilité de ses confrères en période électorale, leur implication directe dans la campagne électorale, l’interdiction de la publication et de la diffusion des tendances ou résultats de l’élection et le contentieux électoral. Dans la foulée, Péter Essoka a mis en garde les journalistes par rapport à certaines dérives. « Ce dernier est souvent tenté de s’ériger en propriétaire du débat public, en directeur de conscience ou en procureur de la vertu, voir en juge », a-t-il relevé pour le déplorer. Un rapport de monitoring en question Ce rapport sera dressé à l’issue des 15 jours de veille non-stop par le Conseil. Les contenus des médias seront passés au peigne fin pour y desceller quelque écart à la norme sur le plan déontologique. Aussi bien les médias publics que privés passeront au scanner. De ce fait le temps d’antenne imparti aux différents partis politiques par le ministre de la Communication sera particulièrement scruté dans les médias publics. Ceux du secteur privé ne seront pas en reste. Ils pourront poursuivre la diffusion de leur programme mais en respectant les sacro-saints principes de l’équilibre de l’information, de pluralisme et de transparence. « Notre instance tiendra son rôle et jouera efficacement sa partition s’agissant de la promotion du jeu et des enjeux démocratiques au Cameroun », a conclu le patron du Cnc sur une note d’espoir tout en sollicitant de chacun de ses collaborateurs une diligence dans l’exécution du des différentes tâches à eux confiées. Le nœud gordien reste l’ampleur de la juridiciarité de ce rapport. A ce niveau, le Cnc manque d’onction juridique nécessaire pour ramener ou imposer le droit chemin à tous les contrevenants dans le champ des médias au Cameroun.

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