Cameroun: yaoundé et l'EU à couteaux tirés

Le torchon brûle entre Yaoundé et la délégation de l’Union Européenne (UE) dont la haute représentante vient de publier une déclaration sur la « détérioration de la situation politique et sécuritaire au Cameroun » qui est mal appréciée par le gouvernement camerounais. Au sujet de l’affaire des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Mogherini affirme, « l’arrestation et détention prolongée de plusieurs dirigeants d’un parti politique, dont son leader Maurice Kamto, ainsi que l’ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre devant le tribunal militaire accroissent le malaise politique. L’Etat de droit requérant une justice équitable et la libération des détenus à l’encontre desquels les preuves probantes ne peuvent être présentées ».S’agissant de la situation sécuritaire dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, la cheffe de délégation de l’UE souligne, « la persistance de la violence et des violations des droits de l’homme a causé un nombre inacceptable de victimes et un impact lourd en termes d’humiliations». Avant de relever « l’émergence de discours de haine » dans les médias et par certains acteurs politiques.En réaction, René Emmanuel Sadi le ministre de la communication (Mincom) précise, « l’arrestation de certains militants du Mrc et de Maurice Kamto sont strictement conformes » aux lois et règlements ainsi qu’aux conventions internationales signées par le Cameroun. « Les militants du Mrc sont poursuivis pour insurrection, hostilité contre la patrie, rébellion et destruction des biens devant le tribunal militaire qui n’est pas une justice d’exception mais une justice spéciale » rappelle le Mincom.« Le soi-disant malaise politique si tant qu’il y ait un malaise politique ne serait que le fait des dirigeants d’un certain parti politique qui ont cru pouvoir s’emparer du pouvoir par des manœuvres anti démocratiques mus par l’outrance de leurs ambitions et par des certitudes oniriques sans aucun rapport avec la volonté de l’immense majorité des camerounais », souligne Sadi.Quant aux discours de haine observés notamment sur les réseaux sociaux, le gouvernement camerounais les « réprouve » et les « condamne ». Par ailleurs Yaoundé attribue aux hordes marginales, les violations des droits de l’homme observées dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en proies aux violences depuis fin octobre 2016 et qui malheureusement, ne sont pas condamnées par les organisations de droits de l’homme qui se laissent abuser par des contrevérités. En l’espace d’une semaine c’est la deuxième réaction de Yaoundé face à une déclaration d’un diplomate étranger sur la « détérioration » de la situation politique et sécuritaire au Cameroun.

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