Au Cameroun il existe 2 tribus. Par Binku la nerveuse.

AU CAMEROUN, IL EXISTE DEUX TRIBUS: LA TRIBU DU VENTRE Minoritaire, elle est composée de ceux qui ont mis main basse sur les ressources du pays. Ils ne connaissent pas le prix du pain, du kW d'électricité, du m³ d'eau, du kg de riz... Ou alors, il ne connaissent ces prix que parce qu'ils les fixent dans les bureaux. Ils ont des salaires mensuels à 7chiffres, les bons de carburant, l'assurance maladie. Leurs enfants sont inscrits dans de grandes écoles, et au terme de leur formation, ils sont généralement propulsés à des postes largement au dessus de leur compétence. Parmi eux, certains ont la signature, d'autres les containers LA TRIBU DES OPPRIMÉS Elle est majoritaire et regroupe plus de 95% des camerounais. La première tribu a décidé que nous pouvons avoir un salaire de 36.000f et payer là dedans le loyer, l'électricité, le transport, la scolarité, l'eau potable si on veut, sinon on peut toujours mourir de choléra. Nous nous battons pour un bout de pain, de pagne ou 1000f qu'on nous lance pendant les campagnes électorales. Nous achetons des médicaments dans la rue, nous nous entassons à plus de 150 dans les salles de classe, nous nous serrons dans les taxis, les oppeps sur les motos. Nous empruntons le chemin du désert ou de la mer méditerranée pour finir comme esclaves au Koweït... Bref, nous parlons le même langage, celui de la galère. Et cette galère touche de la même façon ceux dont le nom commence par la lettre A-Z, des 4coins du triangle national. La galère qu'on tente de noyer dans l'alcool, la drogue, les prières, les dépravations... AU MILIEU... Au milieu il y a ceux que j'appelle " les éternels rêveurs". Ils appartiennent à la tribu des opprimés et sont recrutés par la tribu du ventre, pour entretenir sur les réseaux sociaux et sur les plateaux de télé des discours tribaux et l'illusion. Leur but est de faire croire que tout va bien dans le pays, alors qu'ils sont incapables d'aligner trois repas par jour. Ils reçoivent de temps en temps des petites miettes venant des membres de la première tribu, mais hors des plateaux, la réalité les rattrape. Les marmites vides à la maison, un membre de la famille qui est malade et ne parvient à aller se faire soigner convenablement faute de moyens financier, le bailleur qui menace d'expulser à cause des arriérés, un ami qui harcèle pour une petite dette impayée depuis des lustres... Ils reçoivent non pas des enveloppes qui les aideront à sortir de la pauvreté, mais quelques feuilles qui les rendront dépendants de la tâche qui leur est confiée: abrutir le peuple. LE PROBLÈME ? En fait, puisque nous sommes dans un pays dominé par le chômage, l'ennui le vice et le besoin nous exposent au tribalisme. Nous avons peur de perdre le peu que nous avons déjà ou mieux, nous nous satisfaisons psychologiquement des biens/privilèges que peut avoir un frère du village, même s'il n'est pas au courant de notre existence, on s'en fout, c'est la fierté du village délabré. D'ailleurs, c'est le même réflex de protection qu'on observe dans la tribu du ventre, cette fois parce que ce qu'ils mangent est menacé. Voilà pourquoi ils sont hargneux à l'égard de ceux qui ne sont ni leurs frères, ni leurs enfants. Le problème est donc en même temps la solution: LE CHÔMAGE ! Voilà pourquoi je me suis accrochée à Maurice KAMTO à travers son projet de société. Le pilier portant sur l'éducation et la formation est tellement réaliste que même les jeunes qui ont fait du chômage leur vêtement de travail, seront conduits sur le sentier de la production. Ce projet propose une mutation vers une société de production à la fois individuelle et collective. Ce n'est pas pour rien que les économistes ont dit que si ce projet est implementé à moins de 50%, le Cameroun décollera. Binku la Nerveuse (Dans une société où tout le monde produit, il n'y a ni le temps ni la place pour la lutte tribale).

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