Alain FOGUE TEDOM écrit à Paul Biya

Dans une lettre datée du 14 novembre dernier, le mandataire de Maurice Kamto à la récente présidentielle attire l’attention du Président réélu sur les actes de violences tribales à l’endroit des militants du Mrc. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), s’insurge contre les actes tribalistes auxquels sont sujets ses militants et sympathisants. « Le mardi 06 novembre, les personnes arrêtées témoignent avoir subi des traitements discriminatoires sur fond de tribalisme anti-Bamiléké », lit-on dans une lettre adressée au président de la République le 14 novembre dernier et signée de Alain Fogué Tedom. L'info claire et nette. Selon le trésorier national du Mrc, cette pratique est associée aux actes de violence multiformes des « personnes arrêtées, encagoulées, simulation d’acte de tuerie, évocation de charges graves telles que l’hostilité à la patrie… Privation de nourriture, d’eau et de visite, y compris de celles des avocats et des familles… ». A titre d’exemple, Alain Fogué Tedom convoque entre autres, le cas de Mathieu Lin Assingui. « Certains militants sont même en danger de mort. Comme l’atteste l’irruption d’un commando de la mort, composé de gendarmes, dans la chambre à coucher de M. Assingui Lin à Ngalan par Ebolowa, dans la nuit du 16 au 17 octobre 2018, où il a ouvert le feu sur lui, alors qu’il y dormait avec son épouse et son bébé de 13 mois. Aux yeux des commanditaires de cet acte barbare, ce citoyen d’ethnie Bulu est coupable d’avoir battu campagne pour le candidat Maurice Kamto, le Bamiléké, dans un village Bulu. Plus grave, il a surpris le soir du 07 octobre 2018, ceux qui étaient en charge du dépouillement des votes, en train d’aller le faire au domicile de privé du responsable local du Rdpc (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, Ndlr) [votre] parti. C’est par miracle que M Assingui, qui a néanmoins été touché au genou par une balle, son épouse et son bébé ont survécu », conte le mandataire du candidat Maurice Kamto au dernier scrutin présidentiel. D’après lui, cette violence infligée par les forces de sécurité et de maintien de l’ordre ne s’est pas limitée qu’aux militants Bamilékés du Mrc. « Alors que les personnes qualifiées de Bamilékés étaient particulièrement malmenées, les non-Bamilékés étaient accusées de ‘trahison’ et insultés de suivre les Bamilékés qui veulent le pouvoir politique alors qu’ils ‘tiennent’ déjà le pouvoir économique ». Au travers de cette lettre, Alain Fogué Tedom souhaite que le président de la République prenne des mesures, « afin que les différents commandements des forces de sécurité, les autorités administratives et judiciaires du pays, reflètent davantage la diversité socioculturelle et linguistique de [notre] peuple ». Cela pourrait selon lui, réduire le niveau de haine et de violence tribales.

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